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lundi 19 juin 2023

Ce que les oiseaux ont à nous dire de Grégoire Loïs


L’ouvrage «Ce que les oiseaux ont à nous dire» (2019) de Grégoire Loïs est en quelque sorte un recueil de «chronique» comme les journalistes en publient souvent. Ici, l’auteur voulait faire «œuvre utile» comme on dit. Il s’inquiète du sort des oiseaux dont les populations diminuent d’année en année. Il croit en l’éducation, la protection et la conservation pour freiner le phénomène. En même temps, il se dit que pour convaincre et impliquer la population, les gens doivent connaître et aimer les oiseaux. C’est ainsi qu’il entreprend avec ces vingt et un courts textes de rendre les oiseaux intéressants aux yeux de tout le monde.

Chacune de ses chroniques est l’occasion de parler d’un oiseau et d’un thème auquel il se prête plus spécifiquement. Grégoire Loïs veut d’abord nous raconter comment les oiseaux sont fantastiques. Il est notamment question de leur origine. Dans l’évolution, les oiseaux proviennent de la lignée des théropodes, un groupe de dinosaures présent il y a plus de 200 millions d’années dont les oiseaux en sont les seuls survivants. Puis il nous parle de leur plume, l’élément essentiel de leur spécificité. Il écoute leur chant, il observe les rituels liés à leur reproduction, il s’étonne de leur intelligence.

Au premier chapitre, il aborde la migration des oiseaux en nous racontant les aventures de la Sterne arctique qui parcourt des milliers de kilomètres en une année. Tout en nous rappelant que c’est le «baguage» des oiseaux qui a permis aux ornithologues de confirmer ces longs déplacements annuels. Il revient sur les déplacements migratoires au chapitre 7 en parlant cette fois du Traquet motteux et du Bécasseau maubèche; une espèce menacée.

Dans une série de chapitres, l’auteur aborde différentes problématiques ayant un impact négatif sur les populations d’oiseaux. Il y est question des insecticides (biologiques ou chimiques), de la surpêche, de la chasse, de la capture pour la revente et bien sûr des changements climatiques. Pour chacun de ces éléments, il donne en exemple des espèces d’oiseaux qui sont affectées. Son fils ayant suivi le chemin du père, ils se permettent de comparer leurs observations espacées de plus de trente ans; telles espèces ne s’observent presque plus, telle autre est de retour. D’autres de ses textes présentent des pistes de conservation qui ont fonctionné comme la réintroduction du Grand tétras en Écosse. L’implication des agriculteurs pour réapprendre la cohabitation avec les Vautours fauves.

Il s’agit d’une série de courts textes qui ne sont pas nécessairement liés entre eux et qui s’adresse a un public le plus large possible. Les textes sont accessibles, bien écrits et captent notre attention. Le seul «bémol», c’est qu’il est question la plupart du temps d’oiseaux européen que nous connaissons moins bien en Amérique.


Grégoire Loïs est un ornithologue d’expérience. Il est directeur adjoint de Vigie-Nature, au Muséum national d’histoire naturelle et naturaliste à l’Agence Régionale de la Biodiversité d’Île-de-France.


dimanche 20 novembre 2022

Le baguage des Oies des neige - Nature Sauvage


J'ai feuilleté le dernier numéro du magazine «Nature Sauvage» qui présente en couverture le Jaseur boréal le frère d'armes du Jaseur d'Amérique qui est plus petit et qui n'a pas de jaune sur les ailes. L'auteur de l'article nous rappel que les Jaseurs peuvent manger des fruits en s'en saouler, surtout l'hiver. J'ai déjà lu ailleurs que des observateurs ont déjà vu des Jaseurs tombés d'un arbre fruitier trop imbibés pour se tenir.

Ce numéro présente aussi les gagnants du concours de photo annuels. De superbes photos, nous avons d'excellents photographes au Québec.

Cependant, c'est un petit résumé d'une recherche qui a attiré mon attention. Il y est mentionné que le baguage avec collier des Oies des neiges a un effet cumulatif, lorsqu'associé à d'autres facteurs de stress comme la chasse. Le taux de survie des 20 000 oies étudiées sur 30 ans était légèrement plus faible chez les oies avec collier que chez celles sans collier pour la période incluant la réintroduction de la chasse (1999-2008). Les chercheurs croient que cet élément réduit la condition physique des oies et les rend plus vulnérables. Ils vont jusqu'à recommander l'arrêt du marquage par collier des Oies des neiges.



La référence de l'article scientifique original:

Frédéric LeTourneux, Gilles Gauthier, Roger Pradel, Josée Lefebvre, Pierre Legagneux, «Evidence for synergistic cumulative impacts of marking and hunting in a wildlife species», Journal of Applied Ecology, Vol. 59, Issue 11, November 2022, Pages 2705-2715