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mercredi 12 juin 2024

Les chants perdus de la nature de Michel Leboeuf

 

Vous devez lire «Les chants perdus de la nature - Bienvenue en Anthropophonie» (2024) de Michel Leboeuf notamment parce qu'il s'agit d'un sujet qui est moins souvent abordé. Il y est question de biodiversité, mais d'un autre angle, via le son et le bruit! Michel Leboeuf est biologiste, ornithologue, naturaliste et surtout un auteur prolifique deux fois lauréat du prix Hubert-Reeves, couronnant le meilleur livre de vulgarisation scientifique au Québec. En somme, c'est un passionné de la faune et de la flore du Québec.


Il a fait le choix de nous présenter son ouvrage comme une symphonie en cinq mouvements avec un prélude et une conclusion, le tout en 15 chapitres. D'entrée de jeux, il laisse entendre que c'est la dégradation de son audition qui l'a poussé à écrire ce livre. Il souligne qu'il n'entend plus le roitelet à couronne dorée ou le grimpereau brun lors de ses sorties en forêt. Il n'est pas le seul, certains de mes collègues ornithologues l'ont également constaté en prenant de l'âge.

Il entreprend donc de nous faire découvrir un relativement nouveau domaine scientifique qui analyse le «paysage sonore» soit «l'écologie acoustique», le travail des bioacousticiens. Dans son «premier mouvement» l'auteur fait appel à notre imagination sonore en nous racontant ce qu’a pu être l’histoire sonore du Québec au fil du temps  et des saisons, de la dernière glaciation à aujourd’hui.

Le deuxième mouvement s’insère comme une sorte de parenthèse qui va nous aider à mieux assimiler la suite, l’auteur nous rappelle ce qu’est le son. Un petit rafraîchissant de nos cours de physique du secondaire. Toutefois, un concept important se démarque, c’est-à-dire les trois classes de son d’un paysage sonore. Le paysage sonore que l’on entend est constitué de la « géophonie », c'est-à-dire les sons qui émanent de l’habitat, comme le vent dans les feuilles, l’écoulement du ruisseau, la glace qui bouge l’hiver, etc., les sons les plus anciens. La deuxième source des sons est la « biophonie », c'est-à-dire les sons émis par la faune, les chants des oiseaux, le coassement des grenouilles ou le hurlement des loups. Finalement, les sons généralement les plus désagréables, ceux produits par les humains, portent l'étiquette d’« anthropophonique » ( ou anthropique). C’est à retenir, géophonie, biophonie et anthropophonie.

Ce sont les pages du troisième mouvement qui ont le plus retenu mon attention parce qu’il y est question de l’audition et des «manifestations sonores» des animaux. Il est fascinant de constater comment des êtres vivants sans oreille peuvent entendre… Bien entendu, dans le paysage sonore animal, il est beaucoup question des oiseaux. Le lecteur profite d’un tour d’horizon de leurs chants d’amour ou de guerre et des différents types de cris de communication qui servent à se localiser, à quémander de la nourriture, à alarmer avec plus ou moins d’urgences, etc. On nous rappelle justement que chez le Piranga écarlate, le mâle et la femelle communiquent entre eux pour signaler leur position sur le site de nidification.

À la lecture du mouvement suivant, vous demeurerez bouche bée puisqu’on y apprend, à la lumière des plus récentes recherches, que les végétaux possèdent des capacités sensorielles stupéfiantes. Dans ce qui constitue le paysage sonore végétal, l’auteur nous démontre comment les arbres et les plantes peuvent voir, toucher, sentir et entendre! Pensez-y quelques secondes, les végétaux recherchent et suivent la lumière, mais pas n’importe laquelle, ils savent qu’un insecte vient de se poser sur eux et leur réaction sera différente s’il est nuisible ou profitable, le bruit d’une abeille ou d’un papillon stimule des fleurs à produire plus de pollen, etc. Ces découvertes sont l’œuvre d’un nouveau champ d’investigation scientifique : la bioacoustique végétale. 

Le dernier mouvement, c’est celui de la déprime, parce que Michel Leboeuf veut nous faire prendre conscience que «l’humain est un musicien qui joue trop fort». On s’y attendait, c’est ici qu’il nous indique que notre paysage sonore est composé plus souvent de bruit que de son agréable issue de la géophonie et de la biophonie. La faune et la flore modifient leurs comportements devant des environnements trop bruyants. On nous rappelle que le paysage visuel est relativement stable alors que le paysage sonore change constamment. Nous sommes exposés en permanence à des stimuli sonores. Il a fait l’exercice d’évaluer son propre environnement sonore dans différents contextes, à la maison, dans le quartier et au travail pour réaliser qu’il est privilégié de fréquenter la forêt plus que la moyenne des gens. Il fait également le constat que de façon générale, le bruit le plus commun est celui de la circulation automobile.

L’auteur nous rappelle que des espèces sont déjà disparues et que nous ne savons pratiquement rien des sons qu’elles émettaient. D’autres espèces sont en voie d’extinction et nous en sous-estimons probablement l’ampleur. Est-ce que tout cela nous mène à l’aube de la sixième grande extinction, l’ère de l’Homogéocène (Leboeuf préfère ce terme à Anthropocène). Il poursuit en abordant la dégradation des habitats due à la pollution, leur fragmentation et carrément leur disparition, ce qui constitue probablement la plus grande menace pour l’ensemble des espèces. C’est sans compter la surexploitation des ressources de notre seule planète et l’avènement des changements climatiques ce à quoi il ajoute la prolifération des espèces exotiques envahissantes.

Devant ces constats désarmants, Leboeuf privilégie une solution, «une nouvelle partition», pour rester dans le thème symphonique, mais il s’agit ici de partition du territoire puisqu’il évoque la cible des 30% de milieux naturels protégés qui fait plus ou moins consensus. Il prend justement le temps de nuancer cette cible puisque de protéger 30% du Grand Nord québécois ne nous aidera pas beaucoup à préserver la biodiversité sur l’ensemble de notre territoire. Il faut être plus audacieux et plus ambitieux et envisager de moduler les cibles de superficies à protéger selon l’occupation du territoire. Ainsi, il est proposé de considérer trois principaux types de paysages, les paysages urbains, les paysages mixtes et les paysages intacts en protégeant respectivement 17%, 33% et 50% de leur superficie en visant une moyenne globale de 33%. Selon Leboeuf voici comment cette proposition pourrait s’appliquer au territoire québécois. Dans cette zone densément peuplée et exploitée de la vallée du Saint-Laurent, aux environs des 45e et 46e parallèles, la cible serait de 17% à 30% d’aires protégées. Entre les 46e et 49e parallèles, sur les contreforts des Laurentides et des Appalaches, par exemple au Témiscamingue, au Saguenay–Lac-Saint-Jean ou au Bas-Saint-Laurent, la cible serait de 30% à 50% d’aires protégées. Puis, au-delà du 49e parallèle, dans les zones de nature sauvage, la cible serait de 50% et plus d’aires protégées. De cette façon le Québec pourrait probablement atteindre une cible globale de 30% d’aires protégées représentative de la biodiversité de ses différents écosystèmes.

Il termine en soulignant que les modifications du paysage sonore sont l’un des signes de la détérioration de la biosphère. En affirmant qu’il n’est pas trop tard, il nous invite à faire preuve d’humilité et à diminuer notre impact sur la planète bleue.





dimanche 12 décembre 2021

Des chercheurs à l’écoute du chant des oiseaux - Québec Science


Le magazine Québec Science a refait circuler le dossier qui suit sur les chants des oiseaux parce qu'il se retrouve parmi leurs cinq reportages les plus populaires de l'année.

Des chercheurs à l’écoute du chant des oiseaux - Les oiseaux flûtent, gringottent, gazouillent, trompettent, sifflent, turlutent et bien plus! Des scientifiques décortiquent ces mélodies par Mélissa Guillemette, Québec Science, 17 juin 2021.

https://www.quebecscience.qc.ca/sciences/chant-oiseaux/


samedi 26 juin 2021

Pleins feux sur les oiseaux! - Québec Science



 

Dans le plus récent numéro de Québec Science (juillet-août 2021) vous y trouverez un dossier spécial sur les oiseaux: «Pleins feux sur les oiseaux!». Les rédacteurs ont concocté pour nous quatre articles des plus intéressants. Le premier «La vie chante» par Mélissa Guillemette aborde le chant des oiseaux. Avec «La bague à la patte» par Maxime Bilodeau, il est question des 100 ans de baguage d'oiseaux au Canada. Puis «Le bonheur revient-il dans le pré?» par Annie Labrecque pose la question de la protection des oiseaux champêtres. Le dossier spécial se termine avec «Maître du ciel» où les rédacteurs nous font part de quelques recherches inusitées sur les oiseaux.

De la bonne lecture pour les jours de pluie...


mercredi 28 avril 2021

L'intelligence artificielle développe une «oreille» pour le chant des oiseaux au profit de BirdNET

 

Je vous résume ici un article du magazine Scientific American. On apprend que cet été plus de 2 000 oreilles électroniques enregistreront le paysage sonore de la chaîne de montagnes de la Sierra Nevada en Californie, générant près d'un million d'heures d'audio. Pour éviter de passer des années à les décoder, les chercheurs s'appuient sur l'intelligence artificielle.

De tels enregistrements créent un portrait sonore ponctuel de la faune présente et pourront éventuellement aider à la conservation de la biodiversité. Le paysage sonore de la Sierra Nevada contient justement des informations cruciales sur la façon dont les incendies de forêt de l'année dernière ont affecté les oiseaux vivant dans les différents habitats de la région. Les enregistrements pourraient révéler comment certaines espèces ont mieux réagi à la catastrophe.

«Les données audio sont un véritable trésor, car elles contiennent de grandes quantités d'informations», déclare l'écologiste Connor Wood, chercheur postdoctoral à l'Université Cornell, qui dirige le projet Sierra Nevada. 

Les configurations d'apprentissage automatique de ces systèmes utilisent un «réseau de neurones» (les algorithmes) à l'image du cerveau humain, nous explique Stefan Kahl, expert en apprentissage automatique au Centre de conservation bioacoustique de Cornell et à l'Université de technologie de Chemnitz en Allemagne. Il a construit BirdNET, le fameux «Shazam» des oiseaux, l'un des systèmes de reconnaissance des chants aviaires les plus utilisés aujourd'hui.  Les enregistrements de la Sierra Nevada seront analysés avec BirdNET.


De tels systèmes commencent par analyser de nombreux intrants, dans le cas qui nous occupe, des milliers de chants et de cris d'oiseaux enregistrés déjà étiquetés aux espèces correspondantes. Le réseau neuronal apprend alors lui-même quelles fonctionnalités peuvent être utilisées pour associer une nouvelle entrée (dans ce cas, un chant d'oiseau) à une étiquette (l'espèce de l'oiseau). Ce sont des millions de caractéristiques extrêmement subtiles qui permettent de faire le lien entre le chant et l'oiseau. C'est que les systèmes d'apprentissage automatique peuvent également reconnaître les nuances régionales. 

Ces systèmes ont bénéficié des progrès récents de la technologie de reconnaissance de la parole humaine et de la musique. En collaboration avec Andrew Farnsworth du Cornell Lab of Ornithology, des experts du Music and Audio Research Laboratory de l'Université de New York se sont appuyé sur leur expérience musicale pour construire un système d'identification des cris d'oiseaux appelés BirdVox. Il détecte et identifie les oiseaux qui migrent la nuit et distingue le chant des oiseaux des bruits de fond.


La qualité de l'apprentissage de chaque système dépend en grande partie de la quantité d'enregistrements pré-étiquetés disponibles. Une mine de données de ce type existe déjà pour les oiseaux communs. Il est estimé qu'environ 4,2 millions d'enregistrements sont disponibles en ligne pour 10 000 espèces. Mais la plupart des quelque 3000 espèces que BirdNET peut identifier se trouvent en Europe et en Amérique du Nord, et BirdVox se concentre davantage sur les chants d'oiseaux basés aux États-Unis. Les ornithologues amateurs peuvent également aider à améliorer le référentiel des chants d'oiseaux.  L'application BirdNET pour les cellulaires connaît un grand succès puisque plus de 300 000 enregistrements s'ajoutent à la base de données des chercheurs chaque jour.



L'article original:

«Artificial Intelligence Develops an Ear for Birdsong - Machine-learning algorithms can quickly process thousands of hours of natural soundscapes» By Harini Barath on April 26, 2021, Scientific American web page.

https://www.scientificamerican.com/article/artificial-intelligence-develops-an-ear-for-birdsong/



samedi 3 avril 2021

Michel, les oiseaux et les humains - La Presse Plus


Bonjour,

Cette petite bande dessinée de La Presse Plus a été diffusée sur le forum Ornitho-Qc par Richard Guillet... Les illustrations sont de Judith Lachapelle. Jetez-y un coup d'oeil...

La première case...




A+

Robert Allie