Le livre «Le monarque au Québec et la biodiversité» (2025) de Yolaine Rousseau est un petit bijou de transmission de connaissances. L'auteur nous raconte tout ce qu'elle a appris au sujet du Papillon monarque, une espèce en voit de disparition, et de son hôte privilégié l'asclépiade. Elle nous décrit le cycle de vie du Papillon monarque dans le détail, puisqu'elle en fait «l'élevage», une façon de s'assurer que le plus grand nombre d'œufs sera productif.
Bien qu’il y ait quelques populations résidentes (Floride, Costa Rica, Australie), le papillon monarque est surtout connu pour son comportement migratoire qui lui fait parcourir plus de 4 000 km pour se déplacer du Canada à la forêt d’oyamels (espèce de sapin) au Mexique. Encore plus fascinant, c’est que ce trajet se fait sur plusieurs générations de papillon. En effet, la durée de vie des papillons monarques dits «estivaux» n’est que de 2 à 6 semaines; impossible de faire le trajet en si peu de temps. Voilà pourquoi, dans les conditions propices et au moment opportun, une génération de «migratrices» naîtra, celle-ci pouvant vivre jusqu’à 7 mois.
Cependant, pour que cela se réalise, l’asclépiade doit être présente en abondance dans toute l’Amérique parce que la femelle monarque pond un œuf par plant. Il y a plusieurs espèces d’asclépiades, mais l’asclépiade commune et l’incarnate semblent bien être les préférés des papillons monarques. Il s’agit de très grandes plantes qui font plus d’un mètre et qui sont faciles à faire pousser. L’asclépiade est aussi l’hôte de dizaines d’espèces d’insectes, dont le Longicorne de l’asclépiade, qui vit en harmonie avec la plante. Ce qui n’est pas le cas de tous les insectes qui la fréquentent, certains insectes peuvent la faire mourir.
Yolaine Rousseau nous rappelle aussi à quel point le papillon monarque et l’asclépiade sont d’une importance capitale pour la biodiversité. Tout un écosystème impliquant des oiseaux, des insectes et des plantes est lié au papillon monarque et à l’asclépiade. Ce qui nous amène à la nécessité de la conservation des habitats et à l’intervention citoyenne pour y parvenir. Elle nous invite à planter nous-mêmes de l’asclépiade et à inciter nos municipalités à le faire également. Il est également possible de contribuer au suivi des populations de papillon monarque via le site «Mission monarque». L’ouvrage est agrémenté de dizaine de photos et complété par un glossaire fort pertinent.


