dimanche 12 juin 2022

A Tourist's Guide - Summer Birds of Percé de David Hill


Un petit bouquin sur les oiseaux: «A Tourist's Guide - Summer Birds of Percé» / «Les oiseaux estivants de Percé - un guide touristique» (2020) de David O. Hill. Je l'ai déniché par hasard... Oui, l'ouvrage est bilingue, une traduction de Jessé Roy-Drainville, un ornithologue québécois.


Ce petit guide est bien particulier puisqu'il a été colligé par un ornithologue américain qui a visité Percé une première fois à l'âge de 16 ans et qu'il y a passé l'été à travailler au «Island Tourist Lodge» qui se trouvait sur l'île Bonaventure à l'époque. David Hill observe les oiseaux de Percé depuis plus de 60 ans.

En dressant cette liste annotée (de luxe) des 174 espèces les plus probable d'être observée dans cette région, l'auteur souhaite améliorer l'expérience des ornithologues en visite dans la région de Percé. Le guide compte près de 400 photos couleurs de bonne qualité qui aident à l'identification des espèces tout en vous donnant les noms anglais et français des espèces.

Bravo à David Hill qui a pris la peine de faire traduire son guide, ça démontre un grand respect pour les citoyens de la région.

mercredi 18 mai 2022

Ce que les oiseaux disent de nous – Une enquête ornithologique de Noah Strycker

 

J’ai complété la lecture de «Ce que les oiseaux disent de nous – Une enquête ornithologique» de Noah Strycker, (2018 pour la version française) initialement paru sous le titre «The Magic and Mystery of Birds: The Surprising Lives of Birds and What They Reveal About Being Human (2014). Il est intéressant de constater que Flammarion-Québec est jugé bon de traduire ce document de vulgarisation scientifique.


Le talent de Strycker pour l’écriture a été mis en évidence très jeune dans ses premières chroniques. Il est maintenant un ornithologue réputé et il a plusieurs livres à son actif. Mais il s’est surtout fait connaître pour avoir battu le record du plus grand nombre d’espèces d’oiseaux observé en une année dans le monde soit plus de 6000 espèces. Ce genre de record est communément appelé «Big Year» dans le monde ornithologique. Une aventure qu’il a racontée dans «Birding Without Borders». Strycker a réalisé cet exploit en 2015 et son record a été battu dès l’année suivante.

Dans «Ce que les oiseaux disent de nous» on est loin de la liste des espèces d’oiseaux à cocher. Il est plutôt question des comportements des oiseaux et ce que nous en avons appris en observant certaines espèces d’oiseaux. Le livre est divisé en trois grandes parties, la physiologie, la personnalité et l’intelligence.

Pour la première partie, il est notamment question de l’orientation avec les pigeons voyageurs, de l’odorat en parlant des Urubus à tête rouge, du lien étroit entre les populations de Harfangs des neiges et de Lemmings, etc. Dans la section suivante, il aborde la notion de seuil de perturbation ou de distance de fuite en parlant des Manchots Adélie. C’est dans cette partie que les liens avec les comportements humains prennent un plus grand intérêt, notamment en abordant la peur. Il y est aussi question du sens du rythme avec le célèbre moonwalk des Manakins à cuisses jaunes, de la hiérarchie chez les poules et de la mémoire du Cassenoix d’Amérique. Puis dans la partie sur l’intelligence, j’y ai trouvé du nouveau malgré mes lectures précédentes sur le sujet. Il y est question des oiseaux qui se reconnaissent dans un miroir, mais on va plus loin en soulignant que certains oiseaux peuvent reconnaître la personne qui vient fouiller dans leur nid (dans ce cas-ci un chercheur dans le cadre d’une expérience). L’idée de nounou de nichée chez les Mérions couronnés ou même de l’altruisme chez d’autres espèces. L’essai se termine avec la notion de monogamie chez l’Albatros. Vous pouvez comprendre que ces derniers sujets se prêtent aisément à des parallèles avec les humains.

Noah Strycker réussit à nous présenter des résultats de recherche scientifique en maintenant notre intérêt. Il parsème son essai de faits anecdotiques qu’il prend plaisir à nous raconter, on le sent. Puis les liens qu’il tisse avec les comportements et attitudes des humains rend le tout très divertissant. La lecture de ce bouquin m’a rappelé la «Petite philosophie des oiseaux» (2018) de Philippe J. Dubois et Élise Rousseau que j’ai lue l’an dernier. Il s’agit d’un ouvrage que l’on pourrait offrir à quelqu’un pour qu’il développe un intérêt pour les oiseaux.

L’index des espèces à la fin est pratique même si quelques noms d’oiseaux ne sont pas conformes à ceux que nous utilisons en Amérique. On applaudit également l’effort de l’éditeur qui a pris la peine de nous indiquer les ouvrages de référence traduits en français dans la bibliographie.


Une conférence TED de Noah Strycker:

https://youtu.be/AGgq5FdaaA8


Allez voir le moonwalk du Manakin à cuisse jaune vers 2m30 dans la vidéo:

https://youtu.be/eI_quJRRGxk

mardi 12 avril 2022

L'histoire ornithologique du Québec en direct du passé de Réal Boulet


J'ai complété ma lecture de «L'histoire ornithologique du Québec en direct du passé» (2022) de Réal Boulet. Mentionnons tout de suite que Réal est un collègue ornithologue d'expérience et qu'il est un passionné d'histoire. J'ai déjà eu l'occasion d'assister à une de ses conférences qui portait sur la première moitié du contenu de son nouveau bouquin. Je ne sais pas si c'est sa conférence, la pandémie ou mon intérêt pour Champlain (probablement un mélange de tout cela), néanmoins je peux affirmer que j'ai fréquenté les textes de presque tous les personnages dont il est question dans son ouvrage de référence. Je connaissais ce dont il est question dans ce livre.


Il me faut prévenir les lecteurs qu'il ne s'agit pas de l'histoire de l'ornithologie au Québec, bien que certains aspects et/ou personnages puissent en faire partie. L'auteur le mentionne lui-même d'entrée de jeu que ce n'était pas là son objectif, tout en nous référant à d'autres textes qui l'abordent plus directement. L'auteur nous invite à partager un parcours dans le temps en ayant recours à des textes de personnages qui ont eu l'occasion d'observer des oiseaux il y a plus de 400 ans, dans le cas de Jacques Cartier.

Cet ouvrage a le mérite de rassembler dans moins de 300 pages l'essentiel des citations des personnages historiques qui ont fait mention des oiseaux qu'ils ont observés sur le territoire québécois de leur époque respective. Je vous assure que ce livre prend moins de place que tous les documents que  j'ai entreposés dans un répertoire du disque dur de mon ordi...

Avant d'aborder quelques détails de l'ouvrage, je tiens à féliciter Réal pour son travail de moine, ou d'archiviste (ou plutôt d'historien) et dire que j'ai bien apprécié de me replonger dans ces documents plus ou moins anciens et d'y confronter mes perceptions avec celles des différents spécialistes «commentateurs», dont Michel Gosselin. Je vais commencer en abordant la question du perroquet que Champlain aurait observé, il s'agirait de la Conure de Caroline. En complément au livre, j'invite les intéressés et les curieux, à lire l'article de Claude Ducharme,  «Le perroquet de Champlain», dans Le Jaseur, automne 2013, Vol.33 No.3, pp.8-9, disponible sur le site de la Société de loisir ornithologique de l’Estrie (SLOE). D'autre part, on lit plus loin dans le livre que le baron de Lahontan l'a peut-être observé lui aussi...

On constate rapidement que ce n'est pas d'aujourd'hui que les observateurs d'oiseaux sont fascinés par les «oiseaux mouches», nos colibris. La plupart des descriptions qu'en font nos personnages historiques sont assez savoureuses. Mais ici, ce qui a attiré mon attention, c'est le volet «migration» de nos oiseaux. Gabriel Sagard écrit en 1623 en parlant du colibri «Cet oyseau (à ce qu'on dit) se meurt, ou pour mieux dire s'endort, au mois d'Octobre, demeurant attaché à quelque petite branchette d'arbre par les pieds , & se réveille au mois d'Avril, que les fleurs sont en abondance, & quelques fois plus tard.» C'est une belle présentation des perceptions de l'époque. Puis, F.-X. de Charlevoix note en 1720, «Il y a bien apparence qu'il se retire vers la Caroline, où l'on assûre qu'on ne le voit qu'en Hyver.». On constate que les observations s'accumulent permettant aux connaissances d'évoluer. En 1749, avec Pehr Kalm, on connaît encore mieux les Colibris à gorge rubis «Ces oiseaux arrivent ici au printemps au moment où il commence à faire chaud et font leur nid en été, mais vers l'automne, ils se retirent à nouveau dans les pays du sud de l'Amérique.».

L'auteur a relevé un aspect concernant les sites de nidification qui m'a aussi fasciné. L'île aux Hérons accueille des Grands hérons depuis des siècles, ils y sont encore aujourd'hui. Il en va de même pour l'arrêt annuel des Bernaches du Canada au Lac St-Pierre, elles le font depuis des siècles... impressionnant!

Il est également fort intéressant de constater que nos personnages historiques font état de la diminution des populations d'oiseaux dès 1720 avec les écrits de Charlevoix. Puis, en 1749, Kalm précise que «les oiseaux dont la chair ne se mange pas augmentaient en nombre.». Cette préoccupation quant à la disparition éventuelle d'espèces d'oiseaux revient aussi dans les écrits d'Audubon lors de son expédition sur la Basse-Côte-Nord en 1833. Il y est question des milliers d'oiseaux de mer et de pingouins tués. Il fait aussi allusion aux «eggers» qui récoltent les oeufs notamment des Fou de Bassan.

À cet égard, pour ceux et celles qui s'intéressent à l'expédition de Jean-Jacques Audubon sur la Basse-Côte-Nord, il faut consulter les textes et documents produits par Pierre-Olivier Combelles. Il a reproduit, à la voile, l'expédition de Audubon en 1989-90, comme C. W. Townsend en 1915. Sa thèse de doctorat porte sur ce sujet. Il en a fait un résumé dans Le Naturaliste Canadien, Vol.123, No. 1, Hiver 1999, «Le voyage de John James Audubon au Labrador (1833)», pp. 67-74 et dans le Littoral, Numéro 16, Automne 2021, pp. 6-53, «Pierre-Olivier Combelles sur les traces de John James Audubon au Labrador, en Basse-Côte-Nord, en 1833». Vous y trouverez notamment la liste des 28 dessins d'Audubon qui proviennent de la Côte-Nord avec les planches correspondantes dans «Birds of America» son oeuvre ultime.

Je reviens au livre de Réal Boulet; il nous présente brièvement Henry George Vennor pour ses descriptions des hiboux en 1860 et son ouvrage «Our Birds of Prey» publié en 1876. À cette période, j'aurais peut-être glissé un mot au sujet de Archibald Hall (1812-1868) qui avait produit un mémoire «On the Mammals and Birds of the District of Montréal» pour le compte de la Natural History Society of Montréal (fondé en 1827) dont l'essentiel a été publié dans différents articles du Canadian Naturalist and Geologist. Il y a eu William D'Urban qui a identifié 75 espèces lors d'un relevé en Outaouais à la demande de la Commission géologique du Canada. Il en a publié un résumé dans la même revue. En fait, ils étaient plusieurs membres de cette Société, certains étaient médecins et affiliés à McGill. Tout ce beau monde se côtoyait... Il y a là du matériel pour un autre ouvrage sur l'histoire de l'ornithologie.

En somme, merci Réal, pour les découvertes et ces moments passés avec ces personnages historiques dont nos oiseaux ont su attirer l'attention.

lundi 13 décembre 2021

La stratégie des oiseaux migrateurs pour ne pas surchauffer en vol - Futura sciences


«Certains oiseaux migrateurs peuvent voler pendant plusieurs jours sans interruption et donc sans pouvoir s'abriter des rayons du soleil. Une étude effectuée sur plus de 9 000 espèces montre que les plus grands voyageurs ont aussi souvent un plumage plus clair qui leur permet de réfléchir ces rayons. » - Fidji Berio, Journaliste, Futura Sciences, Publié le 06/12/2021

Lien vers le reportage:

https://www.futura-sciences.com/planete/actualites/oiseaux-strategie-oiseaux-migrateurs-ne-pas-surchauffer-vol-95356/

L'étude originale et son résumé:

Migratory birds are lighter coloured By Kaspar Delhey, James Dale, Mihai Valcu, Bart Kempenaers, Current Biology,  Vol.31, Issue 23, December 06, 2021


Résumé

«Les oiseaux migrateurs entreprennent des voyages longs et difficiles qui font suite à une série d'adaptations de leurs mécanismes sensoriels qui facilitent l'orientation et rendent possibles des exploits extrêmes d'endurance qui repoussent leurs limites physiologiques. Des travaux récents sur deux espèces ont révélé que les individus migrateurs augmentent considérablement leur altitude de vol pendant la journée par rapport à la nuit. Ces études suggèrent que le phénomène est provoqué par la thermorégulation : l'ascension vers des hauteurs plus fraîches pendant la journée peut compenser la chaleur générée par l'absorption du rayonnement solaire. Si la thermorégulation est un élément important dans l'adaptation des espèces migratrices, les oiseaux migrateurs devraient avoir un plumage plus clair et plus réfléchissant pour éviter la surchauffe. Nous montrons ici que sur l'ensemble de la classe aviaire, les espèces migratrices sont effectivement de couleur plus claire.»

https://www.cell.com/current-biology/fulltext/S0960-9822(21)01492-5


dimanche 12 décembre 2021

Des chercheurs à l’écoute du chant des oiseaux - Québec Science


Le magazine Québec Science a refait circuler le dossier qui suit sur les chants des oiseaux parce qu'il se retrouve parmi leurs cinq reportages les plus populaires de l'année.

Des chercheurs à l’écoute du chant des oiseaux - Les oiseaux flûtent, gringottent, gazouillent, trompettent, sifflent, turlutent et bien plus! Des scientifiques décortiquent ces mélodies par Mélissa Guillemette, Québec Science, 17 juin 2021.

https://www.quebecscience.qc.ca/sciences/chant-oiseaux/