lundi 24 août 2026

Un an dans la vie d’une forêt de David G. Haskell

Dans «Un an dans la vie d’une forêt» (2012), David G. Haskell transforme un cercle d’un mètre de diamètre en un laboratoire d’observation écologique. Installé dans une forêt du Tennessee, il visite régulièrement le site sur les quatre saisons pendant un an. Haskell s'est interdit d'intervenir sur son petit site, il observe seulement. Ce qui lui permet de constater les changements au fil des semaines et de faire des rencontres avec la faune locale. Haskell appelle son petit bout de terre le «mandala», un terme qu’il a emprunté au bouddhisme. Il associe cette idée au fait qu’il va contempler ce petit espace comme s’il y faisait de la méditation. Cette approche lui permet de nous révéler la complexité de cet écosystème et sa biodiversité.

Chaque chapitre de son livre est identifié par une date qui correspond à un événement qui l’amène à nous vulgariser un phénomène biologique. Il sera d’abord question du froid, de la visite du Cerf de Virginie, puis de la floraison printanière, de la vigueur des mousses sous la pluie, de l’accouplement des escargots, du papillon attiré par le sodium de sa transpiration, des oiseaux en migration vers le nord, etc (44 textes). Ainsi, le simple trajet d'une goutte de pluie lui sert de point de départ pour nous expliquer les cycles hydrologiques au cours de l'histoire géologique de la région. L’arrêt de quelques Parulines pour se nourrir ouvre la porte à la description de la transformation des oiseaux, nécessaire à la réussite de leur migration sur des milliers de kilomètres. Haskell nous montre comment les arbres sont les capteurs aériens d’un gigantesque écosystème souterrain qui se regénère depuis des centaines d’années, voir des millénaires. Ces courts textes relèvent du «nature writing» où se mêle la rigueur scientifique du biologiste à un émerveillement contemplatif. Donc, on y trouve un peu d’Henry David Thoreau associé à la description du rôle des racines des champignons dans la communication chimique entre les plantes. 

L’auteur réalise rapidement que, dans son cercle d’un mètre, l’écosystème qui s’y trouve met en relation diverses espèces par mutualisme ou symbiose, d’autres via le parasitisme, et que tout cela prend la forme d’un vaste réseau plus ou moins intégré dont fait partie l’être humain. Un réseau dont nous faisons partie pour le meilleur et le pire, puisque nous le menaçons constamment. Il nous invite à apprendre à écouter cet écosystème pour en préserver la biodiversité.

Avec «Un an dans la vie d’une forêt», Haskell a réussi à croiser la science avec la beauté de l’environnement dans lequel on vit. Il souhaite arriver à transformer le regard du lecteur sur le monde végétal et animal. Il veut nous faire ralentir par la démonstration de sa patience dans la contemplation de son mandala. Si vous avez le moindre intérêt pour la nature, c’est un ouvrage à lire absolument.


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